La maquis de Prémery devenu le maquis MARIAUX

   

Début Septembre 2020, un courrier arrive à la mairie de Prémery. Il contient une lettre de M. Michel LEVEQUE, fils d'Adrien LEVEQUE, l'un des fondateurs du maquis de Prémery. A sa missive est annexé un fascicule manuscrit. Il s'agit du listing des effectifs du maquis MARIAUX à sa dissolution en Septembre 1944. Pour faire profiter au plus grand nombre de ce document historique, nous l'avons scanné afin qu'il soit mis en ligne sur notre site internet. Pour l'accompagner, voici un résumé sans prétention de l'histoire du maquis.

 

   Pour consulter le listing du maquis qui nous a été confié par M. Michel LEVEQUE, cliquez ici.

   Dès les premières heures de l'occupation Allemande, des patriotes Prémericois sont entrés en résistance. Le 15 Mars 1942, le groupe de Prémery du réseau « Vengeance » est constitué lors d'une réunion chez René BERNARD, garagiste. Outre René BERNARD, le noyau dur du groupe comprend Adrien LEVEQUE, équarisseur, Émile BARBIER opticien, Alexis MONTMARTIN, employé aux établissements Lambiotte et Marcel PICQ, transporteur. Tous les cinq participent aux premiers parachutages en Octobre et Novembre 1942 sur le terrain baptisé « Brème » situé sur la commune d'Oulon.

   Le 3 Juin 1944, des miliciens tentent d'arrêter Adrien LEVEQUE. Il doit prendre les bois et se cache, dans un premier temps, dans un abri en planches aux Chaumes Grand-Jean.

   De nombreuses actions des différents mouvements de résistance sont réalisées. L'usine LAMBIOTTE va subir de nombreux assauts. Le 12 Mars 1944 les transformateurs de l'usine sont plastiqués. Puis, en un mois, du 2 Avril au 2 Mai, les installations vont subir quatre raids : incendie des bacs de stockage d'alcool dans la nuit du 2 Avril, tentative de destruction des organes vitaux dans la nuit du 28 au 29 Avril puis nouvelle opération de destruction des bacs de stockage.

   Arrivé le premier dans les bois, Adrien LEVEQUE choisi de s'installer à la fontaine du Coursier, lieu situé à environ 4 kilomètres de Prémery, en bordure de la route départementale N° 2 où se situe l'actuelle réserve naturelle régionale des Mardelles.

 

   Rapidement, des jeunes gens de Prémery vont venir s'y réfugier. Il sont rejoints par de jeunes réfractaires. Un chef est désigné. Il s'agit de Robert GAUDRY originaire d'Urzy, résistant de la première heure. Cette désignation est suggérée par les cinq fondateurs.       Dès lors la croissance du maquis est rapide. Le maquis de Prémery va devenir, pour tous les réfractaires au STO et pour les résistants de la région, un pôle d'attraction et d'asile. Son développement va devenir spectaculaire. Le 2 Juillet 1944, le capitaine de gendarmerie Fernand VESSEREAU ,de l'état major du B.O.A (bureau des opérations aériennes), prend contact avec le maquis. Il en deviendra le chef militaire.

   Le 13 Juillet, le maquis compte une centaine d'hommes. Le 14 Juillet, des groupes de maquisards organisent des cérémonies à Prémery, Champlemy et Dompierre sur Nièvre. Des drapeaux Français sont accrochés aux monuments.

   Le 19 Juillet vers 17 heures, deux Citroën traction occupées chacune par 6 maquisards se retrouvent face à un convoi Allemand d'une cinquantaine de soldats, à la sortie de Lurcy le Bourg. Si la première voiture réussie à passer à travers les véhicules Allemands, la deuxième est criblée de balles et capote. Quatre maquisards sont tués par les Allemands, Robert MARIAUX , Georges CORNU, André MALVICHE et René DETIENNE. Ce soir là, le maquis de Prémery devint le maquis MARIAUX du nom du plus jeune maquisard mort dans cette embuscade.

   Ce même jour 19 Juillet, les responsables du maquis apprennent que les Allemands envisagent d'attaquer le camp. La prudence pousse à un changement de lieu.

   Dans la nuit du 20 au 21 juillet le maquis s'installe dans la forêt de Troncay, entre Moussy et St Réverien.

   Le 25 Juillet, une unité Allemande investit Prémery. Elle fait sauter les maisons de René BERNARD et de Marcel PICQ, met à sac celle d'Adrien LEVEQUE. A la fin du mois de Juillet, le maquis est érigé en bataillon. L'effectif comprend, à ce moment, environ 300 hommes. L'effectif augmente très vite pour finir à 580 au moment de l'attaque le 12 août.

   La XIX armée Allemande qui vient du centre, doit retrouver le groupe "G3" à Chalon-sur-Saône, en passant par le Morvan. L'épreuve de force devient inévitable, et, c'est, aux avant-postes du Morvan, le maquis MARIAUX qui va subir, de plein fouet, le grand choc.

   Les combats qui vont se dérouler à partir du 12 Août 1944, dans le quadrilatère Moussy – Saint Franchy – Crux la Ville – Saint Revérien, seront d'une intensité, d'une violence inouïes. Ils figurent parmi les plus importants de ceux qui opposèrent, sur le sol national, la résistance à l'occupant. Les combats de Moussy ont été enregistrés au ministère de la guerre, tout de suite après ceux du Vercors par l'importance des forces engagées.

   Cette bataille impitoyable va durer du 12 au 17 Août inclus. Les forces en présence vont comprendre, du côté de la résistance, le maquis MARIAUX, le maquis JULIEN et le maquis DANIEL soit environ 900 résistants. Du côté Allemand, l'effectif global avoisine 4500 hommes dont un bataillon de volontaires Russes, un bataillon de parachutistes, des unités d'artillerie et des escadrilles de bombardement et d'appui.

   Le 14 Août, le maquis MARIAUX et le maquis DANIEL sont encerclés. La situation devient critique. Tous les maquis du Morvan entrent alors en action : CAMILLE, BERNARD, LE LOUP, JOSEPH, SERGE ainsi que les FTPF des bords de Loire. L'état-major départemental ordonne le repli sur Ouroux en Morvan où se trouve la coordination FFI-FTP. Les maquis MARIAUX et DANIEL réussissent à décrocher par petits groupes à partir du 15 Août.

   La bataille de Forcy-Moussy fut particulièrement meurtrière : 32 morts pour les maquis dont 21 chez MARIAUX, 11 chez JULIEN et 55 blessés graves dont 40 chez MARIAUX , 15 chez JULIEN ainsi que de nombreux disparus. 330 morts chez les assaillants et 86 blessés graves.

   Le jeudi 17 Août, le gros du maquis Mariaux s'installe à « Maison Comte » au nord de Corancy. Le 20 Août, il s'installe dans les localités de Coeuzon, Poirot et Montpensy. Durant tout le mois d'Août, diverses actions et combats sont menés ( à Urzy, Pougues les eaux, La marche – Chateau-Chinon etc...) ;.

   Les combats se poursuivent jusqu'à la libération de Nevers le 10 Septembre. Le 18 Septembre, le maquis entre à St Pierre le Moutier. C'est la fin du maquis, 75% environ des 840 hommes et officiers souscrivent un engagement pour la durée de la guerre et continueront le combat dans l'armée régulière.

   Sources: le livre « MAQUIS MARIAUX » de Pierre DUCROC - le récit de Michel LEVEQUE sur le site : »gennievre.net

Eric Masson, conseiller municipal membre de la fédération des anciens du maquis Mariaux.